Vendredi 25 janvier 2013
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À qui de droit,
Je suis VoRo, un auteur professionnel de bande dessinée publié dans le monde depuis plus de 10 ans. J'habite à Rimouski, où je pratique mon art et travaille à le faire connaître depuis des années
dans tous les médias de la province avec fierté (livres, journaux, télévision, écoles, Salons du livre, etc.). Mais malgré ma notoriété, il reste très difficile de vivre de mon art au Québec
depuis quelques années. En 2012, j'ai dû occuper un deuxième emploi et faire plusieurs contrats d'illustration pour honorer mes frais de subsistance, faisant en sorte que je n'ai presque plus de
temps pour démarcher mes projets de bande dessinée. Un incessant cercle vicieux dont je suis loin d'être le seul à être confronté.
Ces derniers mois, j'ai investi plus de 7 000 $ pour monter mon nouveau projet de
bande dessinée qui illustre le Québec de 2013. Pour pouvoir consacrer plus de temps à mon art, j'ai fait appel aux programmes de bourses du CALQ et du CAC. Il y a quelques semaines, j’ai reçu la
réponse à ma dernière demande. Encore une fois, on m'écrit que mon projet a été recommandé par le jury, mais n'a pu être soutenu compte tenu du budget disponible. C'est au moins la troisième fois
qu'on me dit que mon travail mérite d'être financé, mais que le programme de bourse n'a pas d'argent. Et encore une fois, je suis loin d'être le seul dans cette situation. Ce qui m'amène à douter
sérieusement de la pertinence et de l'efficacité de ces programmes si les budgets ne permettent pas de les administrer.
Le budget alloué à la bande dessinée au CALQ et au CAC est insuffisant pour aider les
projets sélectionnés par le jury, comme dans plusieurs autres domaines artistiques. Je suis bien conscient que le gouvernement n'est pas prêt à investir plus d'argent dans ces temps
difficiles. La problématique est la suivante:la répartition du peu d'argent qui nous est versé pourrait être gérée beaucoup plus efficacement, de façon à aider un plus
grand nombre de projets et promouvoir la bande dessinée beaucoup plus efficacement au Québec.
Après discussion avec Mme Marianne Thibeault, chargée de projet au CALQ, il en ressort que le jury doit sélectionner pour chaque inscription environ 3 projets qui seront subventionnés, faute de
budget. C'est ce que permet la gestion actuelle du programme. Les bourses ont même été augmentées de 20 000 $ à 25 000 $ pour suivre l'augmentation du coût de la vie. Le problème est que le
budget ne suit pas, contrairement aux demandes qui elles, ne cessent d'augmenter depuis 10 ans. Ce qui résulte à un pourcentage de projets financés de plus en plus petit et au final, moins de
projets qui voient le jour.
Voici ma suggestion :
En sachant qu'un artiste qui reçoit 10 000 $ (où même 7000 $) a un excellent coup de
pouce pour lancer un projet, et qu'avec 0 $ il va sans doute mettre son projet de côté pour se trouver un autre travail;
En sachant que chaque année de superbes projets sélectionnés par le jury sont mis de côté faute de budget;
Ne serait-il pas préférable de donner le mandat au jury de sélectionner les projets prometteurs sans leurs imposer l'impératif de gérer et distribuer le budget alloué. Par la suite, le budget
pourrait être divisé équitablement par les chargés de projets parmi les projets sélectionnés par le jury et selon leurs recommandations.
Cela permettrait, en attendant de voir les fonds alloués à la BD augmenter, de donner la chance à beaucoup plus de bons projets de voir le jour et d'avoir une création encore plus riche au
Québec.
Si, comme moi, vous êtes touchés par cette problématique et aimeriez avoir une production de bd plus grande au Québec, je vous encourage à faire suivre la lettre suivante aux chargés de projet du
CAC et du CALQ, ainsi qu'à vos députés provinciaux et fédéraux. Ce sont eux qui peuvent vraiment faire bouger les choses pour l'instant.
Voici les liens pour transmettre cette lettre :
marianne.thibeault@calq.gouv.qc.ca
marion.vitrac@conseildesarts.ca